Fiche n°10 : Équiper un accueil

“Art. L. 111-7-3. – Les établissements existants recevant du public doivent être tels que toute personne handicapée puisse y accéder, y circuler et y recevoir les informations qui y sont diffusées, dans les parties ouvertes au public. L’information destinée au public doit être diffusée par des moyens adaptés aux différents handicaps”.

Depuis l’entrée du bâtiment, tous les aménagements et équipements et plus particulièrement les espaces de réception du public, les bureaux et banques d’accueil doivent être facilement repérables et accessibles à tous les visiteurs.

Si l’espace d’accueil est à proximité de la porte ou du sas d’entrée, il n’est pas forcément nécessaire de mettre en place un guidage podotactile et visuel au sol à l’usage des personnes déficientes visuelles. Par contre le cheminement doit être direct et dégagé de tout obstacle. Une bande de guidage sera utile si la distance est importante et/ou si des obstacles se dressent sur le parcours (poteaux, portiques, mobilier, escaliers, surfaces et volumes importants d’un hall ou d’un local …).

Dans le cas de surfaces et de volumes importants, il est fortement recommandé d’associer un guidage sonore par la mise en place d’un boîtier diffusant à la demande (télécommande et/ou smartphone) un message ou un jingle préenregistré.

Le design et l’aménagement de l’espace et du mobilier d’accueil correspondront évidemment aux attentes et contraintes du maître de l’ouvrage. Toutefois certaines dispositions règlementaires et de confort d’usage sont utiles ou obligatoires pour permettre à tous les usagers d’accéder à l’information.

–  Le mobilier et les équipements mis à disposition des usagers seront suffisamment contrastés visuellement afin d’être facilement repérables.

–  Les éventuels dispositifs de contrôle d’accès ou de communication seront utilisables par tous les usagers.

–  La communication visuelle et auditive entre le personnel d’accueil et le visiteur sera préservée au maximum (une personne en difficulté doit pouvoir être repérée par le personnel le plus rapidement possible).

–  La signalétique et l’éclairage seront adaptés dès l’entrée du bâtiment.

–  La signalétique et l’information seront accessibles aux personnes déficientes visuelles, ainsi qu’aux personnes atteintes de troubles intellectuels ou cognitifs.

–  L’emploi de matériaux mats sera privilégié, afin d’éviter les effets d’éblouissement, variables selon la lumière naturelle des saisons ou le choix et la disposition des sources lumineuses artificielles.

–  Les équipements permettant de lire, écrire ou utiliser un clavier d’ordinateur ou de paiement seront correctement dimensionnés. La règlementation donne les dimensions minimales à respecter (partie abaissée de hauteur maximale de 0,80 m, de largeur minimale de 0,60 m, de profondeur minimale de 0,30 m et d’une hauteur minimale sous mobilier de 0,70 m ), mais il est recommandé d’étudier au cas par cas chaque aménagement de façon à l’adapter aux usages et aux attentes des visiteurs sans oublier le confort des personnels d’accueil. Il est toujours utile de se rapprocher de sociétés ou de personnes spécialisées dans ce domaine afin d’être le plus efficace possible.

–  L’équipement ou l’élément de mobilier sera utilisable par une personne en position “assis” comme en position “debout”.

–  Une boucle magnétique permettant l’amplification du son en faveur de personnes munies d’une prothèse auditive analogique sera installée et surtout mise en service. Ne pas oublier de signaler le dispositif par la mise en place du pictogramme ad hoc.

–  Tout affichage sera directement visible, lisible et compréhensible par les personnes sourdes ou malentendantes, déficientes visuelles, handicapées mentales ou encore désavantagées par la taille ou se déplaçant en fauteuil roulant.

Nous rappelons que tous ces aménagements devront être complétés par une bonne formation du personnel en contact avec le public à l’accueil des personnes handicapées (tous les handicaps).

Il ne suffit pas de mettre en place, par exemple une boucle magnétique, encore faut-il connaître son utilité, son usage et ses réglages. Guider efficacement une personne déficiente visuelle, ne s’improvise pas, une bonne technique est utile pour éviter de mettre en danger le visiteur handicapé.

Des équipements et des surfaces différemment colorés facilitent énormément la perception des espaces et de l’environnement (dimensions du local et du mobilier) et cela aussi bien pour les personnes mal-voyantes que pour les personnes avec un handicap mental ou encore les personnes âgées et les enfants. Ainsi pour des déplacements plus fluides et sécurisés, il est important de dégager les cheminements de tous les obstacles, mais aussi de travailler avec la lumière, les couleurs et les contrastes ce qui permettra un meilleur repérage et une bonne visibilité d’un équipement et une lisibilité améliorée d’une information.

L’éclairage, artificiel ou naturel doit être traité sans créer de gêne visuelle en tout point du lieu. Il faut éviter les contre-jours, les reflets, l’éblouissement et les zones d’ombres.

Pour cela l’éclairage direct sans filtre ou grille de diffusion est à proscrire, ainsi que les éclairages directs sous le niveau des yeux comme les spots encastrés dans le sol. Seul un balisage lumineux de cheminement peut être toléré, s’il est utile et bien réalisé.

Il faudra toujours veiller à ce qu’un espace de manœuvre (avec possibilité de demi-tour) reste libre devant l’espace adapté du mobilier ou de la banque d’accueil. Les files d’attente devront ainsi être gérées et aménagées en conséquence (zone de courtoisie).

  • Il permet la manœuvre du fauteuil mais aussi à une personne mal-marchante avec une ou 2 cannes ou encore d’une personne déficiente visuelle balayant l’espace avec sa canne blanche ou circulant avec son chien guide de faire demi-tour ou changer de direction.
  • Caractéristiques dimensionnelles : l’espace de manœuvre reste lié au cheminement mais présente un espace libre de tout obstacle de diamètre 1,50 m.

Le point de vue d’un architecte d’intérieur :

“Il est important de bien comprendre les difficultés que peuvent rencontrer les personnes à mobilité réduite pour pouvoir évaluer et mettre en place les bonnes solutions de guidage, d’orientation, de repérage et d’information. Il ne suffit pas de mettre en application “stricto sensu” la règlementation en vigueur, encore faut-il comprendre à quoi elle sert et surtout pourquoi elle sera utile à tous.

Si un guidage au sol est nécessaire depuis l’entrée vers l’espace ou le mobilier d’accueil afin de faciliter le cheminement d’une personne malvoyante ou non-voyante, mais aussi les personnes ayant des difficultés cognitives ou de repérage dans l’espace, les personnes âgées, plusieurs solutions s’offrent à vous. Un bon guidage au sol se caractérise par une surépaisseur et/ou un changement de textures et de relief et toujours part un contraste de couleurs suffisant avec son environnement direct.

Sur un sol existant, la seule solution sera de venir rapporter en surépaisseur par collage, vissage ou encore incrustation ou scellement, des bandes ou lamelles sur le revêtement de sol. En fonction du support et du budget, vous pourrez vous orienter soit vers des bandes autocollantes ou à coller en caoutchouc ou PVC, soit vers des barrettes à coller ou à sceller en aluminium, en inox ou en PVC ou encore vers des éléments à coller en résine et charge minérale.

Dans le cas de travaux plus lourds et de remplacement du revêtement de sol, il sera utile d’y réfléchir en amont de façon à encastrer ou intégrer dans le nouveau revêtement de sol des éléments de guidage. Bien d’autres possibilités en-dehors de celles déjà évoquées plus-haut s’offrent alors à vous. Le carrelage, la pierre, le bois, le verre, le PVC et même le textile peuvent être harmonieusement associés pour permettre un repérage podotactile et visuel efficace.”