Fiche n°8 : Équiper un escalier

Introduction

Le confort du déplacement et la sécurité des personnes à mobilité réduite sont primordiaux dans le repérage d’une circulation verticale. Afin de les aider à circuler et à franchir sans risque les marches d’un escalier, différentes règles et certains principes existent et doivent impérativement être pris en compte.

Généralités

Est considéré comme escalier tout franchissement de niveau de plus d’une marche. Les circulations verticales doivent être identifiées par une signalétique adaptée lorsqu’elles ne sont pas visibles depuis l’entrée ou le hall de l’établissement. Lorsqu’ils existent plusieurs escaliers, cette signalisation doit aider l’usager à choisir celui qui lui convient à son itinéraire.

Largeur minimum entre mains courantes : 1,20 m.

Les marches isolées doivent respecter les mêmes critères que ceux préconisés ci-dessous pour les escaliers standards.

Équipements des abords de l’escalier

  • Éveil de vigilance : l’arrivée au départ d’une volée d’escalier est annoncée au moyen d’un dispositif d’alerte au sol appelé « bande d’éveil de vigilance ». Placée à 0,50 m du bord de la 1ère marche, elle est matérialisée par un contraste visuel (voir rubrique « Contraste ») et tactile. La norme AFNOR NF P98-351 d’août 2010 prévoit ce type de dispositif pour une implantation sur voirie le long des traversées piétonnes, des quais de transports collectifs guidés et des escaliers et recommande également son utilisation en largeur réduite au niveau des escaliers d’établissements recevant du public. Dans tous les cas, le moyen d’éveil de vigilance retenu devra être homogène dans l’ensemble du bâtiment sans créer de risque de chute.
Schéma d'une BEV

Schéma : exemple d’une dalle d’éveil de vigilance selon la norme NF P98-351, largeur réduite.

  • L’éclairage : les abords d’un escalier doivent impérativement être correctement éclairés (minimum 150 lux, mesurés au sol). Il est souvent nécessaire d’intensifier l’éclairage prévu en veillant à ce qu’il ne devienne pas éblouissant.
  • Le dessous d’escalier : lorsqu’il n’est pas cloisonné, le dessous des escaliers doit être inaccessible sur toute son emprise sous 2,20 m de hauteur. Exemples : parois, mobilier de repos, bacs à fleurs, barre à 0,40 m maximum du sol pour détection à la canne, etc.

Équipements des marches

  • Les contremarches : les 1ère et dernière marche de chaque volée d’escalier doivent être pourvues de contremarches visuellement contrastée de 10 cm de hauteur minimum depuis le plancher bas ou la marche inférieure.
Schéma - contremarches

Schéma – contremarches

  • Les nez de marches : tous les nez de marches des escaliers doivent être traités de manière à être visuellement contrastés et munis d’un dispositif antidérapant. Ces nez de marches doivent être non saillants.
Schéma - nez de marches

Schéma – nez de marches

  • L’éclairage : un éclairage d’une valeur de 150 lux minimum (mesuré su sol) doit être assuré à tous les endroits de l’escalier.

Équipements des mains courantes

  • Implantation : entre 0,80 et 1,00 m de hauteur, obligatoire des deux côtés de l’escalier. Elle est de préférence doublée en hauteur pour les personnes de petite taille et les enfants. La main courante doit dépasser l’escalier d’une longueur de 30 cm correspondant à environ une profondeur de marche. Si l’escalier débouche au nu d’une circulation perpendiculaire, la main courante suit la paroi de cette circulation sur 30 cm. Dans le cas d’escalier large (à partir de 2,40 m), une main courante centrale est à prévoir.
  • Repérage : la main courante doit être différenciée de son support par un éclairage particulier ou un contraste visuel suffisant.
  • Préhension : la main courante doit être préhensible. On préfèrera une main courante à section ronde plutôt qu’à section rectangulaire large. Ses supports ne doivent pas gêner la préhension qui doit se faire en continu. Toute rupture doit être proscrite. La main courante peut servir de support signalétique (manchon braille, numéro d’étage en relief, etc.).

Contraste

Un contraste est une différence entre l’indice de réflexion de la lumière de l’élément à repérer et l’indice de réflexion de la lumière de son environnement.

La règle de calcul communément admise est :

Contraste (%) = (i1-i2) / i1 x 100
i1 = indice de réflexion de la lumière de la couleur pâle
i2 = indice de réflexion de la lumière de la couleur foncée

Le contraste requis pour faciliter le repérage de la bande de localisation entre l’indice de réflexion de la lumière de celle-ci et l’indice de réflexion de la lumière de son environnement doit être d’au moins 70%.

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Sources

  • Circulaire interministérielle n° DGUHC 2007-53 du 30 novembre 2007 relative à l’accessibilité des établissements recevant du public et installations ouvertes au public et des bâtiments d’habitation.
  • Recueil « Les besoins des personnes déficientes visuelles – Accès à la voirie et au cadre bâti », CFPSAA (Confédération Française pour la Promotion Sociale des Aveugles et des Amblyopes), 2009.
  • Norme AFNOR NF P98-351, éveil de vigilance.
  • Études et recherches ARGOS-Services.